Petits bonheurs de skippers, co-skippers et éducateurs.
Voici quelques bons moments racontés par ceux qui les ont vécus pendant les week-ends AIGL.
Si la pointe de votre crayon à bille ou le clavier de votre ordinateur vous démange, envoyez une histoire courte (150 à 200 mots ) ou même quelques strophes au secrétaire de l'association.
Secrétaire : Bernard Masson
Merci d'avance.
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La casquette vissée à l’envers , il avait dû choisir sa plus belle tenue de rappeur pour traverser la France et rejoindre la flottille « Grand Largue » à Sainte marine . L’ambiance était au rire et aux blagues dans le groupe de potes avec qui il arrivait , …soudain , je l’ai vu s’arrêter , tomber les épaules … je cherchais à percevoir sur quoi ses yeux s’étaient à ce point écarquillés quand je l’ai entendu dire : « c’est ça la mer m’dame? »
- oui !….
puis le silence …..un long silence entre nous ………..
…et le silence en dit parfois très long sur l’émotion d’une rencontre …. Celle de Djamel avec la mer … celle d’une fille de marin pêcheur née les pieds dans l’eau avec un garçon d’Alsace qui découvrait l’océan pour la première fois.
Sylvie LE SAUX
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Je ne connaissais personne, je ne suis pas un grand navigateur mais j'avais croisé plusieurs fois la flottille GRAND LARGUE (toutes couleurs dehors).
Je me suis dit « pourquoi pas, on verra » et j'ai téléphoné. Et là le contact est passé aussitôt, les choses sont arrivées toutes seules. Les marins et les éducateurs m'ont accueilli sans grand bruit mais juste avec sympathie et sincérité. Les ados contrairement aux idées reçues respectent tout le monde si le monde les respecte. Ce qui fait qu'après deux sorties, sans déclaration, sans grand discours j'ai gardé le pavillon GRAND LARGUE que Marie-Claire m'avais remis. Après cela je ne peux vous dire que « venez voir et venez les aider »
Car si notre président d'honneur ERIC TABARLY disait : « La voile , est le moyen le plus lent, le plus cher, le plus inconfortable pour aller d'un endroit où on est bien vers un autre où l'on n'a rien à faire ». GRAND LARGUE permet à des jeunes, par le bateau, d'aller lentement, pas toujours confortablement, mais gratuitement d'une situation délicate vers une situation que l'on espère pleine d'espoirs.
LOU V Le JEAN BAPTISTE
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"Extrait du livre de bord de "PILLAOUER" - Camp avec des adolescents –
Par Bernard CANADO ; skipper-éducateur
· "10h30 – Paré à virer ? Allez, virez ! Les deux focs, les deux Isabelles, la grand-voile, Catherine et Rokia s'établissent au bord sous le vent. Route au 220 maintenant.
· 11h10 – le vent refuse un peu. Pour garder les focs bien gonflés, Etienne doit barrer au 210, ce qui ne nous rapproche pas de la route de Port-Manech !
· 11h15 – cette fois-ci se sont les filles qui se dégonflent. Faut dire que le cul sur le pont, les jambes pendantes du côté où ça penche lorsqu'il y a du clapot, ça fait rire un moment seulement ; parce que ça mouille les jambes, mais aussi le dos (et en fait il n'y a que le premier paquet d'embruns qu'on trouve vivifiant) et quand l'étrave farceuse cueille une crête de vague qui court sournoisement sur le pont : là j'vous raconte pas !... Ajouter 20 nœuds de brise qui se glisse dans les béances de votre tee-shirt, 25° de gîte pour la sensation forte ("t'es sûr qu'il peut pas se renverser ton bateau ?") et ça débouche sur une insidieuse mollesse avec comme un début de migraine et un regard perdu sur les vagues qui le devient aussi. 35 minutes qu'elles y sont (alors que le tour de chenille ne dure habituellement que 70 secondes). Elles décident de rentrer. Trempée, la jambe molle, la prise hasardeuse, Rokia, Catherine et Isabelle arrivent jusqu'aux couchettes et s'affalent pour une petite sieste.
· 11h30 – le vent refuse encore. Cette fois-ci les focs prennent à contre. Trop tard pour tirer sur la barre. C'est le virement intempestif. A larguer les écoutes tribord, à reprendre bâbord. Deux minutes de gîte de ce côté pour prendre de la vitesse et à revirer. Etienne se prend au jeu. Nous enjambons Zazou qui s'obstine à "bronzer" dans le cockpit. Largues là-bas, je borde ici. Mais lèves-toi Zouza t'es emmêlée dans les écoutes ! Paquet de mer sur la tronche, Zouza rouspète, Pillaouer se recale sur sa hanche bâbord. Reprends ton cap sur Pen-Men maintenant.
· 11h50 – Catherine geint sur sa couche. La brise forcit encore. Je capelle mon harnais et vais prendre un ris dans la grand-voile. Il y a un force 5 bien établi maintenant, 6 dans les surventes. La mer se fait plus creuse. Zouzou aussi rentre à l'abri.
· 11h55 – Catherine lance des S.O.S de plus en plus précis. Je lui passe un seau. Les autres font semblant de dormir. Dehors, Etienne s'est trouvé un voilier qui fait la même route et qu'il entend bien dépasser.
· 12h00 – des borborygmes résonnent dans le fond du seau, des voix mal assurées manifestent leur désapprobation. Hirsute, la lèvre baveuse, Catherine me fixe comme si j'avais un air de ligne bleue des Vosges. D'une voix réconfortante dissimulant mal un paternalisme discret je réponds "dur hein ! quand ça ira mieux tu iras vider ton seau et tu le rinceras".
· 12h20 – le lièvre d'Etienne se retourne vers Port-Tudy. Dommage, cette compagnie stimulait notre barreur. Pour compenser ou par mesure préventive, il avale sa troisième pilule. En bas, c'est plus triste : Isabelle a perdu son sourire, Zazou qui rêvait d'un teint cannelle, vire doucement pistache. Rokia éructe discrètement ; deux ou trois creux plus marqués : choc de la coque qui bouscule les vagues, elle me fait des signes désespérés, elle glaviotte dans le seau et retrouve sa dignité. Dégoûtée, Catherine se hâle jusqu'au poste avant qu'on nomme pompeusement, la cabine de l'armateur ou la chambre. C'est une sorte de grand lit clos, un nid douillet, une invite à la quiétude.
· 12h30 – Pointe de Pen-Men par le travers. Je m'assure que le seau est bien calé. Attention pour virer : Virez ! Etienne est passé maître es louvoyage. "A remonter le vent : deux fois la route, trois fois le temps" disaient les anciens. Il faut zigzaguer, mais cette fois-ci ce bord nous rapproche bien de Port-Manech.
· 12h45 – ça tire sur la libre. Je remonte un beau maquereau, vite parce qu'un râle nous parvient de la chambre. Le temps d'enlever mon harnais… les murmures d'alcôve se font plus durs… je chope un seau… j'arrive… trop tard, c'est parti ! Celle là si distinguées, que n'ai vu que grignoter du bout des doigts, que mastiquer des incisives régurgite maintenant à flot, vomit à gros bouillon, gerbe - la goulue - à gorge déployée. Ça lui arrive par saccades et par les narines. Ça fuse dans tous les sens. Elle veut s'essuyer les larmes et s'en tartine la face, s'en gomine les cheveux. La première salve a rempli ses savates et les baskets de Rokia, le seau manque de peu la deuxième. Onctueuse, la glaire multicolore rampe sur le teck du plancher puis s'insinue vers les fonds pour aller, je le devine, engluer dans leur antre paisible ma chaîne et mon ancre de secours.
Je remets mon harnais (sous lequel je blanchis), je ne veux pas voir ça.
C'est pas l'ambiance rabelaisienne en soi, mais j'aime pas qu'on salisse mes affaires…
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TROUVE SUR LE LIVRE DE BORD DE MANGAIA.
« MANGAIA, ketch bleuté, un bateau, une amitié ! »
Un vendredi, un jour de mai, une rencontre se dessinait
Trois demoiselles ou trois gazelles
Partaient enchantées, partaient naviguer
« Mangaia à ton amitié, grâce à toi partons voyager »
Des marins, des plaisanciers
Une idée depuis quelques années
Des jeunes… filles et garçons
Une histoire pour un horizon
Ensemble pour se découvrir
Ensemble partageons nos sourires
« Mangaia au fil de l'eau, à ton bord échangeons nos mots »
Sur les flots, en route vers l'Île d'Yeu
Jeunes mat'lots ouvrez les yeux
Profitez de cette aventure, respirez un grand bol d'air pur
Oubliez un peu l'quotidien et faites-vous bercer par un marin
« Mangaia hôte du bonheur, Mangaia tu fédères nos cœurs »
Un voilier et son capitaine
Une passion inscrite dans les veines
Solitaire peut-être un peu fier
Solidaire pour un week-end en mer
Avec toi des jeunes ont souri
Comme toi ils ont aussi grandi
« Mangaia au gré du vent, restera toujours élégant »
Jean-François MESRE Educateur à Tréméac
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Laouen c'est joyeux en breton !
Mais si les bateaux ont une âme, c'est celle de leur équipage.
Et Celui là, celui de la journée Grand largue, de Parthenay, n'a pas manqué
D'abord le plus jeune, Mathieu, on l'a pas mangé, et quelques jours plus tard il était encore radieux
C'est Bertrand, pas l'éduc mais le grand frère de tous, qui me l'a dit, le grand ,du haut de ses presque 2mètres et son quintal de fraternité,
Y avait Mickael, gabarit rugby, qui a mis tous son poids pour contrer les creux de St Denis, normal il avait toujours un gros creux à combler !
Enfin Eddie, rayban et casquette de winner vissée sur le crâne , bâton de feu à la main , faut pas l'énerver, par contre oui y sait draguer mais aussi rigoler !
Ah j'oubliais : Avoir chanté tous ensemble des chants d'marin , c'est ma fierté !
Patrice… la bombarde qui déchire
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Au cours de ces six ans de navigation « AIGL » quelques réflexions de jeunes m'ont marquées :
Arrivés à Port Joinville, le Patron de la vedette de Gendarmerie invite les jeunes à visiter leur bateau. J'entends à mon bord : « Moi, aller visiter les Keufs sûrement pas ! » . Le soir au dîner, les Gendarmes se mêlent aux jeunes. Le lendemain, pendant la navigation, réflexion, du même Jeune : « Finalement ils ne sont pas si c.. les Gendarmes ».
A La Rochelle, mon équipage arrive, un Jeune m'interpelle, « T'es payé combien pour faire ça ? » Je lui explique ce que c'est le bénévolat. Le dimanche soir, après le débarquement, je commence à nettoyer le bateau et je vois le jeune revenir et me dire : « Je ne vais pas te laisser faire cela tout seul, il faut bien que je participe moi aussi »
Cette année, des jeunes du même foyer, embarqués sur Kapa et Njord, prennent l'initiative d'aller voir l'équipage de la Gendarmerie. Le Commandant vient nous voir et nous demande l'autorisation de les embarquer. Au retour, deux d'entre eux me disent : « Maintenant je sais ce que je ferai plus tard ! »
Ce Jeune mineur, réfugié clandestin, avec qui nous (mon co-skipper) discutons longuement, qui nous étonne par sa politesse, son intelligence, sa soif d'apprendre : « Il faut que j'arrive à faire des études pour pouvoir m'intégrer et rester en France, je n'ai plus de parents et si l'on me renvoie, je ne serai que devenir ! »
Ces jeunes, revenant, ulcérés, de la soirée interrompue suite à la déclaration de vol d'un skipper. Le lendemain le skipper prévient qu'il s'agit d'une erreur de sa part. Réaction de mon équipage : « Dès qu'il y a quelque chose, on nous accuse et on nous punit, sans vouloir nous écouter ». Une longue discussion s'est engagée.
Un matin, au petit déjeuner, pas de sucre à bord, bon on peut s'en passer. Un Jeune se lève et dit : «Je vais t'en trouver, je peux bien faire ça pour toi, après ce que tu fais pour nous ».
Il y en a bien d'autres, mais je ne les ai pas toutes enregistrées.
Il y en a aussi, bien sûr, des points négatifs, mais seuls les positifs m'intéressent et me confortent sur l'intérêt des actions d'AIGL.
Bernard Masson - NJORD
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Parole d’un jeune embarqué
mise en forme par le co skipper Opération de La Trinité 2009
La mouille
On va faire « la mouille » à côté de Pen Duick. C’est ce que l’on a dit à bord de Magic-M quand Hervé a descendu la chaîne aux abords de Houat. C’est Kevin qui avait trouvé l’expression, il n’avait pas retenu le mot juste mais cela nous a bien fait rigoler!
Le capitaine de Pen Duick est vraiment gentil. Quand on s’est promené sur le ponton vendredi soir à la Trinité il nous a fait visiter son navire. Ce bateau noir est très beau, il a deux mâts et il est juste à notre taille. A l’intérieur les grands sont obligés de se courber. On a pu s’assoir à la table à cartes d’Eric Tabarly, elle reste droite quand le bateau penche, c’est vraiment très bien étudié. Eric Tabarly, il a gagné Le Vendée Globe ou le Tour de France à la voile, je ne sais plus. Le capitaine de Pen Duick, il sait tout faire, c’est même lui qui conduisait la camionnette le soir après la fête quand on est rentré de Beg Rohu, je l’ai bien reconnu ! Et Pen Duick, ce bateau, il va très vite, il nous a doublés en allant à Houat et pourtant notre capitaine a tout essayé pour l’empêcher de passer. Mais c’est normal Gilbert, Pen Duick, c’est un bateau de courses!
C’est vrai que tous ces mots compliqués comme «aller prendre un mouillage», en deux jours on ne peut pas les retenir. Et pourtant, c’était nous les meilleurs, c’est nous qui avons gagné le concours. Eh oui, on a vraiment battu tous les grands, nous : Sarah, Johnny et Kevin ! On a répondu à presque toutes les questions du dossier. Sarah très concentrée dans le cockpit écrivait avec soin les réponses. Pour les oiseaux de mer, on avait trouvé le goéland, la mouette et le cormoran mais il en fallait un quatrième alors on a regardé le ciel et cherché, cherché et puis on a vu un petit point sous un nuage qui a grossi tout doucement au-dessus de l’eau. Gilbert l’a observé, il a vu du blanc, du noir de l’orange, il a vraiment une très bonne vue pour son age. Alors le nuage s’est déformé tout doucement, on a vu apparaître un « M », puis un « A », un « C » … et Gilbert nous a soufflé : "Macareux".
C’est comment un macareux ?
Comme on est les premiers, tous les trois on ira sur le Belem. Le Belem, c’est le plus grand voilier de France, un trois mats, il vient à Nantes quelquefois. On aimerait bien que Mélanie, Gilbert et Hervé embarquent avec nous, on s’entendait bien tous les 6 sur notre bateau ! Mélanie elle a nous a mis en garde, elle a peur qu’on soit déçu car c’est pas certain que l’on aille jusqu’à la finale du concours… Enfin elle nous a dit qu’à Nantes elle nous montrerait des photos de ce grand voilier.
Peut-être qu’on n'a pas le mal de mer sur les grands bateaux ?
Si on est sélectionné, j’aimerais bien que maman vienne me voir sur le Belem, tu crois qu’elle pourra venir … je serais fier!
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